article mis à jour le lundi 11/01/2010
Depuis quelques années, je suis interloqué par les notions d'amateur et de professionnel. En l'an 2000, je prends les "commandes" de la FBIA (jusqu'en 2004), la Fédération Belge d'Improvisation Amateur. Seule la LIB, la Ligue d'Improvisation Belge se revendique, et est reconnue de la sorte, professionnelle. Mais comment fait-on la différence, en termes de recrutement, entre la FBIA et la LIB? Eh bien, si vous avez un diplôme d'art dramatique, vous êtes un professionnel et vous pouvez espérer entrer à la LIB. Si vous n'en avez pas, vous êtes un amateur et les portes de la FBIA vous sont ouvertes. Cette dernière compte toutefois quelques comédiens diplômés.
Et pourtant...
Raphaël Vicenzi, alias
Mydeadpony est un de mes amis. Ses capacités, ses aptitudes et son talent ont été arrachés à la force du poignet, avec la souris et des pinceaux. Il n'est pas bardé de diplômes en art graphique, en design, en dessin ou en peinture. Et vous en conviendrez, le terme amateur ne peut s'appliquer à sa production! C'est bien l'expérience qui l'a fait passer du
statut d'amateur à celui de professionnel.
Il y a quelques jours, dans un certain milieu de la culture, j'entendais encore parler de groupes pro, semi-pro et professionnels... Qu'est-ce que cela signifie au fond? Quand je suis la logique LIB-FBIA, alors, si vous êtes passé par le Conservatoire vous êtes un pro, si vous avez triplé votre première, vous êtes un semi-pro et si vous avez appris seul à la maison vous êtes un amateur? Ou encore, vous passez à la radio = vous êtes un pro, vous faites + de 15 concerts par an (dont un à Dour à 12h30 le dimanche...), vous êtes un semi-pro et si vous animez 6 foires au boudin, vous êtes un amateur?
Et si la LIB recrutait sur la seule base d'une réelle capacité à improviser en reconnaissant le talent avant le diplôme, perdrait-elle en qualité? Je ne le pense pas.
Mais si la LIB n'annonçait pas que ses spectacles étaient "100% pro", aurait-elle pu avoir, et entretenir (depuis plus de 20 ans), la reconnaissance et l'aura qu'on lui connait? Je ne le pense pas.
Et si elle recrutait de bons improvisateurs, sans diplôme, elle qu'elle sous-titrait "spectacles professionnels", abuserait-elle le public? Je ne le sais pas.
J'en suis là. Avec ces interrogations, ces drôles de notions. Cet article, je le prépare depuis plusieurs jours sans me décider à le lâcher sur la toile car il pourrait encore faire l'objet de modifications. Et pourtant, rien ne peut être parfait. Je m'en remet aux avis qui pourraient étayer ma réflexion.
PS : Merci à Ben Vrins pour un éclairage de taille qui m'a permis d'affiner un point ;-)